Contexte géologique depuis la fonte du glacier de la Tinée

Les désordres affectent le versant de Duminère à la confluence de deux vallées d'origine glaciaire.

Influence du relief

— La vallée principale a été creusée par un glacier profond. Elle présente, sous un épaulement situé à 250 mètres en moyenne du fond de la vallée, des pentes allant de 25° à 40°. Les alluvions récentes atteignent plusieurs décamètres d'épaisseur.
— Le vallon affluent de Rabuons a également été parcouru par un glacier débordant d'un cirque qui retient encore un vestige de glacier originel et un lac situé à 2500 mètres d'altitude.


Gneiss

— L'Argentera est un massif cristallin externe le plus méridional de Alpes occidentales. Il s'agit d'un élément ancien de croûte profonde porté à haute altitude par le jeu récent de la tectonique alpine.
— L'essentiel du massif est formé par des gneiss, la plupart migmatitiques, d'âge hercynien, associés à des granites d'anatexie crustale.
— Les gneiss plagioclastiques à deux micas de la série d'Anelle renferment un corps stratifère de méta-diorites : la formation d'Iglière.
— Le litage des gneiss plagioclastiques d'Anelle et des méta-diorites d'Iglière correspondent à une foliation acquise au cours de l'orogénèse hercynienne dans un contexte tectonique de haute température. Cette foliation est définie par l'agencement de lits quartzo-feldspathqies et micacés bien développés.


A la recherche d'une succession des désordres et des mécanismes de rupture

— Au terne des glaciations un fauchage de grande masse prépare les glissements par le basculement des foliations qui facilitent les ruptures transversales selon les lits micacés horizontalisés.
— Durant la période historique récente, s'est initialisé un mouvement de terrain à commande hydraulique. celui-ci évolue dans le temps et avec l'accroissement des déplacements. le découpage lithostructural (barre d'Igière par exemple) sépare des compartiments ayant atteint des stades différents de cette évolution.

cliquez ici pour découvrir un article de J.P Follacci sur le sujet
d'après J.P Follacci (CETE), P. Guardia (UNSA), J. Pivaldi (UNSA) - 1987


— Le fauchage de grande masse aurait pu en fait intervenir bien plus tôt dans l'histoire géologique. On pourrait ainsi évoquer le rôle de la couverture sédimentaire mésozoïque aujourd'hui disparue sur le versant de Duminière.

cliquez ici pour des coupes de la vallée
Doc. F. Cappa et Y.Giglielmi


Datation de l'ouverture des crevasses par la technique des cosmonucléides :

— Sur le site du glissement gravitaire de la Clapière, cette méthode apparaît particulièrement bien adaptée pour apporter des données d’une part, sur les premières instabilités de versants anté-période historique et d’autre part, sur la déglaciation dans la vallée de la Tinée localisée au pied du glissement. L’objectif de cette étude est de déterminer si les premières déstabilisations du glissement sont liées au climat (dernière déglaciation ou changement climatique plus récent) ou à la tectonique (par exemple la surrection récente du massif de l’Argentera.
— L’âge minimum obtenu pour la première roche striée mesurée, en considérant une érosion nulle, est de 18 970± 4 507 ans. En outre, il semble que des instabilités du versant soient observées au moins entre 2 000 et 10 000 ans. Nous insistons sur le fait que ces résultats sont vraiment préliminaires. En effet, nous supposons ici une érosion nulle alors que nous sommes dans une région tectoniquement active

Doc. Florence Bigot-Cormier